L'économie sociale met souvent en avant l'insuffisance de sa reconnaissance par les pouvoirs publics et les parlementaires. Pourtant si on regarde du côté du Parlement, les entreprises de l'économie sociale sont régulièrement citées dans les travaux parlementaires. Pour preuve, les deux exemples récents ci-dessous. Cela démontre que les élus de la République sont sensibles aux solutions pratiques aux défis actuels que constituent les entreprises d'économie sociale.

La députée socialiste Geneviève Fioraso a mis en lumière, lors de la discussion du PLF 2009 mercredi 12 novembre 2008 (examen crédits relatifs à l'économie), l'outil mutualisé de financement des Scop . Elle a également regretté l'absence de mesures en faveur de l'économie sociale.

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Il y aurait également beaucoup à dire sur l'absence totale de référence à l'économie sociale et solidaire, pourtant en plein essor, qu'il s'agisse des services à la personne, des services aux entreprises ou des technologies avancées. La semaine dernière, à Grenoble, j'ai ainsi inauguré une start-up médicale organisée en SCOP et bénéficiant de fonds mutualisés issus de la filière coopérative, moins volatils que les fonds spéculatifs.

Vous ne formulez pas non plus de propositions sur le développement de la filière environnementale, alors que la France est très en retard dans ce domaine, pourtant si propice au développement économique et aux créations d'emplois.

"On peut diriger, et bien diriger, une entreprise avec une rémunération décente et raisonnable"

Le sénateur socialiste Jean Desessard a, quant à lui, mis en avant le statut Scop, et plus particulièrement la coopérative Chèque déjeuner, pour illustrer la responsabilité des dirigeants coopérateurs lors de la discussion générale de la proposition de loi sur le statut de dirigeants de sociétés au cours de la séance publique du 04/11/08 :

Prenons l'exemple des sociétés coopératives de production, les SCOP, où les écarts de salaire varient en moyenne de 1 à 10, non de 1 à 380. Ces sociétés sont aujourd'hui en plein développement, créent des emplois et défendent des valeurs sociales et humaines. D'ailleurs, ce ne sont pas que de petites entreprises, puisque la société Chèque déjeuner emploie plus de mille salariés. Dans cette entreprise, l'écart maximal entre la rémunération la plus forte et la rémunération la plus faible n'excède pas un rapport de 1 à 5. Cet exemple prouve que l'on peut diriger, et bien diriger, une entreprise avec une rémunération décente et raisonnable.

Pour suivre les travaux de la proposition de loi de Nicole Bricq visant à réformer le statut des dirigeants de sociétés et à encadrer leurs rémunérations : cliquez ici