Pour les banques coopératives, Georges Pauget, directeur général du Crédit agricole SA, Bernard Comolet, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'épargne, Philippe Dupont, président-directeur général de la Banque fédérale des banques populaires et Étienne Pflimlin, président du Crédit mutuel et président du conseil de surveillance du CIC, ont répondus aux questions des députés membres de la commission des finances.

affirmation du statut coopératif

Première constatation : tous les quatre ont clairement affirmé, pour des raisons différentes, le statut coopératif de leur banque. Etienne Pflimlin a ainsi rappelé que "Le Crédit mutuel est une banque coopérative qui, par nature, n’est pas confrontée à des problèmes de paradis fiscaux ou de dividendes". Et de préciser que le Crédit mutuel compte 15 millions de clients, dont 850 000 entreprises, et 24 000 administrateurs. Bernard Comolet a, quant à lui, rappelé que la Caisse d'épargne est une banque coopérative constituée de 17 caisses régionales comptant 26 millions de clients, 5 millions de sociétaires répartis dans 450 sociétés d’économie locale.

Répondant à la question de Didier Migaud sur la politique de distribution des résultats, Philippe Dupont a indiqué qu'étant "un groupe coopératif, nous avons également 3,3 millions de sociétaires qui perçoivent un intérêt statutaire annuel fixé par l’assemblée générale et représentant environ 15 % des résultats".

Interrogé également par le président de la Commission sur ce qui gêne les banques dans l'idée d'avoir l'Etat dans leur Conseil d'administration, Georges Pauget a déclaré que "Je ne peux pas répondre pour tous les établissements, mais le Crédit agricole est un groupe contrôlé par une union de banques coopératives qui entend conserver la maîtrise de sa stratégie."

deuxième tranche

Dans le cadre du plan de renforcement des fonds propres de la Société de prises de participation de l'État, une deuxième tranche de souscription de titres de dette émis par les banques, d'un montant de 10,5 milliards d'euros, est ouverte jusqu'à l'été. Didier Migaud souhaite savoir si les banques se présenteront au guichet :

- Georges Pauget (Crédit agricole SA) : "Nous n’envisageons pas de bénéficier de la deuxième tranche."
- Étienne Pflimlin (Crédit mutuel) : "Nos réflexions sont proches des siennes (ndlr : réflexions de Georges Pauget), même si nous n’avons pas pris une décision définitive."
- Bernard Comolet (Caisses d'épargne) : "Nous avons reçu une première tranche de 1,1 milliard d’euros de titres super-subordonnés et souhaitons bénéficier d’une deuxième tranche du même montant, en titres super-subordonnés ou en actions de préférence, afin de conforter nos ratios."
- Philippe Dupont (Banques populaires) : "Nous avons prévu de prendre des titres super-subordonnés à durée indéterminée de manière à augmenter de 0,5 point notre ratio tier one."

fusion BP/CE : redéfinir précisément le projet ; Natixis : trouver des solutions durables

Interrogé par des parlementaires sur le rapprochement des organes centraux des Banques populaires et des Caisses d'épargne, Philippe Dupont. a précisé que les deux groupes "ont certes confirmé leur souhait de constituer un grand groupe, tant pour la collecte d’épargne que pour le financement de l’économie mais, compte tenu des incertitudes et des risques liés au contexte inédit que nous connaissons, nous nous devons aujourd’hui de redéfinir précisément ce projet."

Le président du groupe BP et du directoire de Natixis, a déclaré qu'il ne pouvait "que déplorer" son parcours boursier qui serait dû , selon lui, "en particulier à son implantation aux Etats-Unis. Et d'ajouter qu'il entend "bien les légitimes récriminations des actionnaires mais ce n’est qu'à travers ce regroupement que nous pourrons apporter des solutions durables en faveur d’une société qui, (...), comporte aussi dans son périmètre des fleurons comme la COFACE dont les positions sont éminentes dans la gestion d’actifs." Il a également tenu à affirmer que les 20 000 collaborateurs de Natixis "n'ont pas démérité".

Pour les CE, Bernard Comolet a précisé que "Si la situation de Natixis nous affecte bien entendu considérablement, les caisses régionales, en revanche, se portent bien, de même que d’autres filiales, tel par exemple le Crédit foncier." Pour le dirigeant de l'écureuil, "la solidité du groupe n’est donc pas remise en cause, comme le prouvent tous les jours nos 26 millions de clients de même que le recentrage sur nos activités de détail." Même si, "quoi qu’il en soit, cette année, nous ne nous enorgueillirons pas de nos comptes.", a-t-il ajouté...

Lire le compte-rendu de la Commission : ici