prise en charge d'activités dépassant largement la production

Les parlementaires, qui se sont rendus au Japon du 9 au 17 septembre 2008, ont rencontré MM. Shigeo Fuji, directeur exécutif, et Hirofumi Kobayashi, membre de l'Union centrale des coopératives agricoles (Zenchu). Ils notent que "l'importance du système coopératif est grande au Japon, puisque la quasi-totalité des agriculteurs y sont affiliés et qu'il prend en charge des activités dépassant largement la simple production : services agricoles, fourniture d'intrants, activité bancaire, assurance, distribution..."

Les sénateurs relèvent également que la coopération rassemble 7,7 millions d'adhérents, et qu'elle a un "caractère quasi monopolistique" qui se "traduit au niveau de l'élaboration de la politique agricole japonaise", à laquelle le système coopératif "est très étroitement associé par le gouvernement, dans un schéma proche de la cogestion".

Dans le secteur de la pêche, les coopératives souffrent du déclin récent de l'activité du secteur, affirment les membres de la délégation. Le plan directeur du secteur de la pêche (définissant une stratégie fondée sur la loi fondamentale de 2001), rendu public en mars 2007, prévoit des mesures visant à restructurer et moderniser les coopératives du secteur.

exemple de la marque collective "boeuf de Kobe"

Notant que le Japon protège, depuis 2006, les produits à notoriété régionale par des dispositions spécifiques de la loi générale sur les marques collectives régionales (dispositif ouvert aux produits étrangers et qui pourrait, selon les sénateurs, "constituer un substitut ou un complément à la protection par le droit des indications géographiques"), la délégation ont rencontré les promoteurs de la fameuse marque collective régionale "boeuf de Kobe" (son appellation exacte étant boeuf de Tajima) dont la notoriété dépasse largement les frontières du Japon.

C'est le syndicat mixte pour la promotion et la diffusion de la viande boeuf de Kobe (Zen-Noh Hyogo) - regroupant les sociétés coopératives de producteurs, ainsi qu'un élevage de boeuf de Kobe - qui est chargé de valoriser cette marque collective régionale synonyme de tendreté et de saveur (sa production n'est que de 1,2 million de tonnes, soit 0,06% de la quantité de boeuf consommée chaque année au pays du soleil levant).

Pour les parlementaires, l'exemple du boeuf de Kobe est "particulièrement éclairant de création et d'utilisation réussie d'une marque collective régionale japonaise". Mais ils notent également qu'il serait "très difficile pour des exploitants français ou européens de recourir" à telles pratiques.

La coopération ne se limite pas à l'agriculture au Japon, loin s'en faut. Présentes également dans la distribution et la santé par le biais des coopératives de consommateurs, l'assurance et la banque (et pourquoi pas un jour des coopératives de salariés suite à la visite d'une délégation japonaise à la Confédération générale des Scop) , les entreprises coopératives constituent des acteurs structurants de la société japonaise. Il est dommage que les sénateurs n'aient pas noté ce rôle et plus largement signalé la place des acteurs de l'économie sociale et solidaire dans la modernisation du Japon, la reconstruction de liens sociaux et la protection de l'environnement.