La logique du marché et les principes de la concurrence ne peuvent pas primer sur l’intérêt général et la protection des plus fragiles
Par Rémi Laurent le mercredi 27 mai 2009, 15:18 - PE 09 - Lien permanent
3 questions à Kader Arif, député européen et tête de liste socialiste aux élections européennes, région Sud-Ouest
Que représente l'économie sociale pour vous ?
L'économie sociale joue un rôle considérable dans l'économie européenne. En cette période très difficile en matière économique et sociale, mais aussi en raison de la crise environnementale, elle représente une famille de pensée en matière économique et sociale répondant à la demande et aux aspirations d'un grand nombre de personnes. Ses spécificités, ses activités et les missions d'intérêt général qu'elle prend en charge doivent être reconnues et respectées dans le droit communautaire et par l'Union européenne.
Quelle a été l'action des députés socialistes européens pour améliorer la reconnaissance de l'économie sociale et de ses familles au niveau européen durant la législature 2004-2009 ?
Lors de la législature précédente, la délégation socialiste française était à la pointe du combat en faveur des statuts d’association européenne, ainsi que pour les mutuelles, pendant que la droite – prenant prétexte du mieux légiférer qui consiste à moins légiférer – enterrait ces propositions de directive. Nous poursuivrons ce combat lors de la prochaine législature, intimement lié à la question des services sociaux d'intérêt général (SSIG).
Nous avons organisé une semaine de l’économie sociale et solidaire au Parlement européen du 13 au 16 mai 2008 afin de sensibiliser l’ensemble des députés européens à ce secteur et à la question des SSIG.
Il faut également rappeler que l’Intergroupe « économie sociale du Parlement européen » était co-présidé par Anne Ferreira, députée socialiste française lors de cette dernière législature.
Que proposez-vous pour sécuriser les SSIG ? En quoi cela est important pour la construction européenne ?
La question des SSIG est au cœur du projet européen que nous portons pour l'élection du 7 juin prochain.
La défense d’un secteur associatif de solidarité au niveau européen tient une place essentielle dans nos valeurs. Pour nous, l’Europe est beaucoup plus qu’un projet économique : c’est un projet politique qui doit donner un cadre à une nouvelle Europe sociale. La logique du marché et les principes de la concurrence ne peuvent pas primer sur l’intérêt général et la protection des plus fragiles. Dans le contexte de crise, nous devons faire avancer cette vision de l’Europe, sociale et solidaire. Cela passe par une reconnaissance des associations du secteur sanitaire et social, et donc une sécurisation juridique des SSIG, que nous porterons par une directive spécifique.
Nous sommes également favorables à l’établissement et au maintien de partenariats territoriaux entre le secteur de l'économie sociale et les pouvoirs locaux. Nous devons définir des critères pour la reconnaissance et la valorisation de l'économie sociale, pour un développement local durable et pour la défense de l'intérêt général. Nous sommes également favorables à l’adoption d’un cadre législatif sur les services sociaux d'intérêt général (SSIG), afin de clarifier le droit communautaire applicable aux SSIG et de prendre en compte leurs spécificités
Nous ferons de cette question un des critères centraux de l’audition des candidats commissaires, y compris de leur président.
Enfin, nous prônons une conditionnalité de l’accès aux marchés publics à des critères sociaux, éthiques et environnementaux.
Vous pouvez également consulter l'échange entre les listes Changer l'Europe/PS avec la Mutualité française : ici

