Un entrepreneur membre du MEDEF fait la promotion de l'ESS
Par Rémi Laurent le mardi 13 avril 2010, 13:19 - vite lu ! - Lien permanent
Sur son blog, Thibault Lanxade - dirigeant de la société aqoba, membre du Comité Exécutif du Conseil pour la diffusion de la culture économique, ainsi que de la Commission des nouvelles générations au MEDEF - propose "au MEDEF de donner une place plus importante à l’Economie Sociale et Solidaire dite ESS et d’en promouvoir la représentation".
s’inspirer des meilleures pratiques de l’ESS
L'entrepreneur fait "13 propositions pour lancer le nécessaire débat sur la
modernisation du MEDEF" dans le contexte des prochaines élections à la tête de
l'organisation patronale. Ces propositions s'articulent autour des 6
"chapitres" :
- défendre et revaloriser l’image des patrons ;
- prôner de nouvelles valeurs ;
- renforcer le rôle du MEDEF dans la société ;
- moderniser la gouvernance du MEDEF ;
- préparer l'avenir ;
- lancer une « RGPP » : Révision générale de la politique
patronale.
C'est dans le deuxième chapitre "prôner de nouvelles valeurs", que le jeune patron met en avant l'économie sociale et solidaire. Affirmant que "Dans les quinze prochaines années, l’économie doit changer de cap, de repères, de valeurs. Elle doit remettre l’Homme et le travail indépendant au coeur du système et associer au mieux, business et performance, valeurs sociales et éthique.", il propose au MEDEF de "donner une place plus importante à l’Economie Sociale et Solidaire dite ESS et d’en promouvoir la représentation".
Il présente même le secteur en soulignant que "200.000 entreprises représentant plus de 2 millions de salariés, soit près de 10 % de l’emploi en France, sont en effet issues de l’ESS qui incarne une autre manière d’entreprendre". Et de préciser que l'ESS est "présente dans tous les secteurs, ceux des services d’intérêt général, mais aussi dans des secteurs plus marchands tels que : les banques et assurances ou encore l'agriculture". Il rappelle également les caractéristiques essentielles de l'ESS (un projet économique au service d’une finalité d’utilité sociale, une mise en oeuvre du projet fondée sur une gouvernance démocratique et une gestion éthique et une dynamique de développement s’appuyant sur un ancrage territorial et une mobilisation citoyenne).
Pour Thibault Lanxade, "Il conviendrait donc de s’inspirer des meilleures pratiques de l’ESS". Et d'affirmer qu'"à l’heure d’une crise profonde du capitalisme qui a secoué jusqu’aux plus libéraux d’entre nous, j’attire l’attention sur les récents travaux remis par « le labo de l’économie sociale et solidaire ».
Plus encore, il reprend à son compte deux mesures issues des
"50 propositions pour change de cap" du Labo de l’économie sociale et
solidaire et qu'il va promouvoir par son action :
- s'inspirer du dispositif législatif américain mis en place en 1977 et qui
depuis a fait ses preuves, pour créer un « CRA (Community Reinvestment
Act) à la française » qui viserait à inciter les banques à prêter et
investir une partie de leurs actifs de manière responsable et pérenne
(rentable) sur des territoires défavorisés, au service d’entreprises et de
personnes souvent exclues du système bancaire ;
- systématiser les clauses sociales et environnementales dans les marchés
publics et valorisons tout particulièrement les actions dans ce domaine qui
sont soutenues par les PME.
Les cinq autres chapitres sont également très intéressants et les dirigeants de l'ESS pourraient s'inspirer de certaines mesures préconisées par cet entrepreneur qui semble vouloir construire des passerelles entre deux mondes...
A consulter :
- le blog de
Thibault Lanxade
- le site du Labo de
l’économie sociale et solidaire

